mercredi, 30 mai 2007

Un gouvernement qui fonctionne au radar

medium_radar_eiscat.jpgJe suis épaté ces derniers jours du mode de fonctionnement du gouvernement actuel. D'ailleurs devrais-je encore l'appeler comme tel ? C'est en fait un président tout puissant qui décide de tout. Sarkozy est à la fois 1er ministre, ministre de l'intérieur, ministre du budget, ministre du logement, ...
Mais il est toujours le président de l'UMP, celui du nouveau centre (pas le MoDem, l'autre ...). Et comme il est infatigable, il a encore la force de faire du jogging devant une meute de journaliste, pour arriver transpirant à l'élysée en sautant 4 par 4 les marches du perron.
Par contre au niveau projet, on nage dans un flou artistique accentué. La franchise santé en est une pierre, la mise en place du bouclier fiscale en est une autre et la réduction fiscale sur les intérêts des emprunts pour les accédant à la propriété en est le parfait exemple.
Nous avons eu le droit, à un ministre qui annonçait que cette mesure s'appliquerait rapidement, puis on a appris par un autre ministre que cela ne concernerait que les propriétaires ayant signés à partir du 6 mai, puis hier le candidat Sarkozy (bin oui, il doit être toujours en campagne pour tenir meeting !) que la mesure s'appliquerait pour tous. Aujourd'hui on apprend que cela ne se ferai pas par crédit d'impôt mais par déduction sur les revenus imposables sous couverts d'un fantomatique plafond. Bref, beaucoup de bruit, de vent, pour rien !
Il est quand même amusant de constater que ce gouvernement qui hier demandait à la gauche comment elle financerait ses projets, n'est pas capable de nous dire la même chose sur les leurs. On remarque aussi que c'est suite à l'intervention de Ségolène Royal d'hier soir que le staff de Sarkozy a bousculé son programme et ses propos. Pour la droite, Ségolène est le (la) leader de l'opposition, encore un effort, et son propre camps le reconnaitra.
Pour finir, même si cette dernière mesure n'est pas mauvaise en soit, n'y-a-t-il pas d'autres priorités ? car dans les 3 grandes premières mesures du nouveau Sarko Ier, 2 concernent des allègements  pour une minorité (même si pour les logements, c'est une grosse minorité, ce qui me laisse penser que le gain sera très faible) et une, concerne tout le monde du plus riche au plus pauvre pour une hausse des dépenses, pour la santé de surcroit !
Le pire est à venir après les législatives, durant cet été ! Préparons nous ! 

jeudi, 24 mai 2007

Hollande ne se représente pas à la tête du PS

medium_francois-hollande-grosse-definition-3.jpgFrançois Hollande a confirmé qu'il ne se représenterait pas à son poste de premier secrétaire du PS. A mes yeux, c'est une bonne chose car sa parole donnée a été respectée d'une part, et devant les derniers échecs électoraux, le PS a besoin de se renouveler d'autre part. 
Je ne tirerais pas sur lui. N'oublions pas qu'il n'a pas connu que des échecs, avec lui nous avons gagné les élections régionales, les élections cantonales  ainsi que les élections européennes. Même si le référendum sur la constitution européenne a été la première pierre de notre confusion pour nos électeurs. Il aurait fallu laisser les socialistes libre de leur choix sans faire une campagne en dépit du bon sens alors qu'il y avait une nette fracture en notre sein.
Depuis 1997, il a du exister durant le gouvernement Jospin, et depuis il a du tenir le rôle d'opposant.
Il a connu le plus cinglant revers de la gauche avec son éviction au 2nd tour en 2002, et malgré cela il a su tenir un semblant de cohérence du parti, tout le monde n'aurait pas pu réussir ce tour de force. Nous avons vu le jour d'une primaire pour la désignation de notre candidat, c'est la première fois qu'une femme a pu se présenter au 2nd tour de l'élection, avec une réelle chance de l'emporter, en bref, il y avait des signes de modernités et de cohésion sur la forme.
 
Par contre, sa qualité diplomatique et de conciliation est aussi son plus grand défaut. Il a été incapable de définir une ligne claire du PS et il n'a pas su le rénover pour ne pas heurter les autres courants. On en paye aujourd'hui l'addition (aujourd'hui, c'est après les présidentielles pas pendant !).
 
En ne sachant pas imposer ses choix, nous avons du nous contenter d'un compromis mou, sur lequel il est difficile de s'agripper. Demain, nous aurons le choix entre plusieurs lignes du PS, il faudra défendre la notre. Il faut assumer notre "gauchitude" !
J'espère que le congrès se déroule le plus rapidement possible et que le ou la premier(e) secrétaire devienne naturellement le chef de l'opposition et le ou la futur(e) candidat(e) aux présidentielles 2012.
Ségolène Royal est la plus apte à endosser ce rôle car elle a su en 6 mois faire plus bouger le parti que n'importe quel autre "éléphant" en 10 ans. De plus elle a été capable d'amorcer l'inversion des courbes de notre électorat principal (ou qui doit l'être), celui des ouvriers, employés et des plus modestes.
Enfin n'oublions pas, malgré le revers, que si on observe les votes par strates, Ségolène Royal était devant dans toutes les classes d'ages et socio-professionnelles hormis les plus de 65 ans (où elle n'a réunit que 25% à 30%). Il reste encore du travail à effectuer, des électeurs à convaincre, d'en finir avec la stratégie de l'alternance (on doit définir une alternative, il ne faut pas attendre une alternance providentielle). Et surtout, il ne faut pas tomber dans le piège d'une droitisation du parti vers le centre, car dans ce cas la ligne de séparation avec le MoDem sera si fine que nos électeurs hésiteront entre les deux. Je sais que je me répète, mais j'y tiens réellement.
 

mercredi, 23 mai 2007

Sarko en ballade

medium_sarkodkq.jpgHier le président Sarkozy (mon dieu que j'ai du mal à écrire cela) est venu pour sa deuxième visite provinciale à Dunkerque, à l'hôpital précisément puis à l'hôpital maritime de Zuydcoote.
Je n'y étais pas, mais j'ai constaté un dispositif impressionnant de force de l'ordre sur son parcours, des kilomètres à la ronde. J'ai entendu dire que des tireurs d'élites se sont positionnés autour du CHD. Rien de plus naturel en somme, surtout qu'il s'est plongé dans un bain de foule.
Mais incorrigible qu'il est, il ne peut pas s'empêcher d'user de tous ces joujous présidentiels, car après être arrivé en voiture, il est reparti en Hélicoptère (il y en avait deux pour être précis). Je ne sais pas si cela va dans le sens des économies et la démonstration plus modeste, mais bon, après le yacht de Boloré, le fort de Brégançon, les avions, les hélicoptères, les convois présidentiels, j'espère qu'il n'a pas hâte de jouer avec le bouton atomique !
 
Concernant son discours, on remarque qu'il est toujours en campagne, en proposant plus de moyen, plus de salaire, de meilleurs soins, et une nouvelle organisation du système de santé.
Qu'il m'explique comment améliorer notre système avec moins de fonctionnaire ? qu'il m'explique pourquoi il veut défaire ce que sa majorité à minutieusement  détruit ces 5 dernières années ? Et surtout qu'il soit clair sur sa nouvelle organisation ! que cela veut-il dire ? car pour la droite, généralement se réorganiser cela signifie des licenciements ...
L'avenir nous le dira, surtout à l'heure où Martin Hirsh émet ses plus grandes réserves sur la réforme sur la franchise médicale (devinez qui devra encore payer davantage ?)
 
Enfin, le seul qui pouvait être plus que ravi de cette visite, c'est bien Franck Dhersin (qui a donné sa signature au FN lors des présidentielles soit dit en passant; confère l'article sur DA flandre littoral). Même si Michel Delebarre a été prévenu avant lui de son déplacement. Quoiqu'il en soit la droite Dunkerquoise se frotte les mains de cette promo opportune ! Mais derrière les gesticulations, les fanfaronnade, qui a-t-il derrière ? cela fait deux semaines que l'on n'entend plus de projet à droite, sauf de vaines propositions insipides. La droite Dunkerquoise et Nationale tente de faire oublier leur projet en surfant sur l'état de grâce de leur chef Sarko 1er.
 
Plus dure sera la chute pour ceux ayant foi dans ce mirage électoral ! 

lundi, 21 mai 2007

Objectif : 200 députés PS

medium_I14asnat.jpgSi la défaite semble inévitable, il est tout de même souhaitable et possible que la gauche obtienne 200 députés lors de ces législatives. Actuellement la droite dispose de sa plus large majorité depuis le début de la Vème République (362 députés) tandis que la gauche enregistre un score très moyen 172 députés, dont 150 socialistes et apparentés et 22 communistes. Le centre a pu sauver son groupe avec 29 membres dont 3 apparentés.
Au soir du 18 juin, les estimations les plus pessimistes montrent que l'UMP pourrait rafler plus de 400 circonscriptions, au profit du centre qui s'effondrerait à moins de 10 sièges et ne disposerait plus de groupe (ce n'est jamais arrivé !) et la gauche descendrait  en dessous des 150 sièges.
C'est un véritable scénario catastrophe après 5 ans de gouvernement de droite et pourtant ...
Malgré tout, en se basant sur les résultats des élections présidentielles d'une part, et en prenant en compte l'implantation locale et le charisme des candidats, il n'est pas impossible que le PS sauve 200 circonscriptions, et nos alliés (PC, verts, ...) une vingtaine en tout.
Cela n'assure pas une victoire, loin de là, mais cela permettrait à la gauche de former une opposition plus forte.
 
Il suffit de rappeler le bilan de la politique de droite, de montrer les projets de la droite, de signaler que niveau "rupture", sur les 15 nouveaux ministres, 11 l'ont déjà été dont la plupart dans le gouvernement précédent. En effet belle rupture ! Et ce n'est pas le débauchage d'homme sans conviction, prêt à tout pour que l'on parle d'eux qui va changer la donne.
 
La gauche, malgré ces défauts, doit exister pour contrebalancer l'hégémonie UMP sur la France : Assemblée, Sénat, Élysée, Matignon, ...
Il y a deux France,  celle au plus proche des gens, celle du "bas" en quelque sorte : Région, Département, Commune et celle du "haut" qui impose sans consulter (ceux que j'ai cités juste avant).
Si nous coupons trop les ponts entre les deux, la France du bas, la notre sera très vite étouffé. LA solution : barrer la route à l'UMP ! 
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Juste une mise au point ...
 
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Je suis ravi que ce blog soit de plus en plus consulté (environ une cinquantaine de visite par jour), je comprend le désir de s'exprimer à mes mots, à mes notes, à mes prises de positions. Mais depuis quelques jours, j'ai vu apparaitre des réactions franchement hostiles, non pas sur mes propos, mais sur ma personne. Certains billets ont été modérés, d'autres je les ai laissé malgré leur aspect désagréable.
Ce n'est pas tant que je n'accepte pas la critique (et non je ne suis pas entré en religion autour de Ségolène Royal, je ferai après les législatifs un bilan subjectif de sa campagne avec ses atouts et ses faiblesses; oui j'ai des convictions auxquelles je suis attachées.) en faisant de la politique, j'en ai l'habitude, mais je ne suis pas là pour répondre à des ragots, des rumeurs ou à me défendre sur tout et n'importe quoi.
Donc, je poursuivrai à modérer les messages lorsque cela est nécessaire, car ce blog est une sorte de journal dans lequel je convie mes réflexions, ce n'est pas un site de propagande et je n'ai pas envie de devenir lisse et sans consistance pour ne heurter personne !

vendredi, 18 mai 2007

J'ai l'esprit Sartre aujourd'hui

medium_m-Mensonges_et_trahisons.jpgJe viens de lire la composition du gouvernement Fillon, et devant certains ministres nommés, j'ai vraiment l'esprit Sartre aujourd'hui !
Quand je voie Kouchner et Besson, j'ai la nausée car il faut vraiment accepter d'avoir les mains sales pour se compromettre dans un tel gouvernement de droite quand on s'est dit de gauche.
Je n'ai rien à dire sur le reste des membres, ils ne sont pas ma famille politique, et il est parfaitement logique qu'après la victoire aux présidentielles qu'ils en fassent partis. C'est leur soupe, c'est la démocratie en marche.
Par contre, comment agréer au choix politicard voire vénal des deux autres. Besson, le nouveau secrétaire d'état sur les politiques publiques, pour service rendu à l'UMP, ou devrais-je dire pour trahison faite à son camp ?
Et Kouchner, prêt à tout pour obtenir un ministère, quitte à renier son parti, ses soit-disantes convictions, pour un simple maroquin.
 
C'est le pire de la politique que nous vivons là.  J'espère que pour une fois le PS saura prendre les mesures drastiques en excluant ce triste individu qui, par son geste, poursuit le travail de destruction de la gauche et de l'opposition gouvernementale.
Les ors de la république leur ont brulé les yeux et je les considère comme des fossoyeurs du PS (d'un autre coté, pour Besson ce n'est pas nouveau après son mea culpa public lors d'un meeting UMP entre les deux tours digne des procès Stalinien).
 
Que restera-t-il de la gauche le soir du 17 juin ? plus grand chose je le craint, surtout avec la stratégie suicidaire du PS à vouloir se déporter sur sa droite pour atteindre le centre alors que dans le même temps nous assistons à l'éclosion du MoDem (Mouvement Démocrate de Bayrou) avec la complicité manifeste du PS à ses dépends !
La politique c'est une affaire de conviction avant d'être une vision stratégique électorale (même s'il ne faut pas tomber dans l'angélisme). Le PS doit sérieusement s'interroger très vite. L'ouverture gouvernementale est toujours possible avec le centre, mais que chacun conserve ses valeurs, bon sang !
Une vision étriquée se contentant uniquement des calculs politiciens des plus bas niveau auxquels se livrent Besson, Kouchner et d'une certaine manière DSK et Hollande nous mènent à ce désastre et à la déroute électorale.
Rappelons haut et fort nos valeurs et convictions ! 
 
Ce n'est qu'un début, car Nicolas Sarkozy nous avait prévu, avec lui tout est possible, surtout le pire.
 
Aujourd'hui la résistance ne se fait pas contre la majorité UMP qui arrive à grands pas, mais elle se pratique à l'interne pour que la gauche retrouve ses esprits. La lutte sera longue et sanglante, mais l'espoir passe par là.
Aujourd'hui je suis dépité et dégouté.  
 

mercredi, 16 mai 2007

Balle au centre

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La vie politique est devenue folle depuis la fin des présidentielles. La situation devient explosive pour les années à suivre car l'ensemble des partis traditionnels veulent se positionner au centre.
Si l'intention est louable, on entre dans une période de floue inédite. Le premier, qui me semble assez légitime dans sa démarche, est le mouvement démocrate de François Bayrou. Il a démontré entre les deux tours une stratégie au centre très respectable même si nous n'avons pas forcément les mêmes options que lui.
L'UDF (avec ses députés pro Sarkozy) quant à elle existerait toujours sous une forme ou une autre, pour rester au centre droit et allié de l'UMP.
Depuis, Nicolas Sarkozy après avoir défendu un projet très à droite lors de la campagne, souhaite centrer son futur gouvernement avec des personnalités de droite, du centre et malheureusement de gauche (enfin ceux là sont-ils à gauche ? non je ne le crois pas mais l'image donnée est terrible pour nous). 
DSK, au soir de la défaite, 2 mn après l'annonce officielle, défendait à son tour un centrage du PS, quitte à perdre l'âme du parti pour une social démocratie dont on ne connait que le nom, mais pas le projet.
François Hollande souhaite refondre le PS dans un nouveau parti élargi, plus au centre, tout en conservant une aile gauche et surtout avec un nouveau nom (un peu comme l'olivier en Italie). On perdrait notre nom, et par là nos valeurs, pour devenir une simple machine électorale (stratégie suicidaire selon moi, car la France n'est pas l'Italie). 
Le PRG souhaite aujourd'hui après sa rencontre avec Sarkozy créer un nouveau parti du centre, du centre gauche au centre droit, en dépit des accords électoraux avec le PS pour les législatives.
 
En bref, la bataille ne se jouerait désormais qu'au centre avec de simples variations, d'effet de balancier entre le centre droit et le centre gauche. Qu'apporterai une telle cacophonie où tout le monde se revendique du centre alors que l'élection a tout de même prouvé que la bipolarisation politique était au coeur des souhaits des français (57% des voix entre les deux candidats UMP et PS au 1et tour)? L'effet de bord de l'expansion Bayrou devient aux yeux des dirigeants des deux bords le combat principal.
 
Cette situation si elle persiste apporterait plusieurs effets : l'implosion du PS, la poursuite de la dynamique Bayrou à nos dépends et une radicalisation des extrêmes. Je ne comprend pas cette volonté d'assassiner notre clivage et nos valeurs réciproques.
Pour donner une image triviale déjà évoquée lors de la campagne, avant nous avions deux équipes de foot de 11 joueurs et un arbitre au centre, demain nous aurons 2 gardiens de chaque coté, et 20 arbitres !
 
Que diable ressaisissons nous ! Assumons notre gauche ! L'ouverture ne signifie pas se perdre chez l'autre sous peine de voir notre perte et la fin d'un projet alternatif aux français, et on verrait la montée de l'extrême gauche et de l'extrême droite.
 
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Je profite de cette note pour exprimer à quel point je trouve le slogan de la campagne législative du PS ("face à la droite, des réponses de gauche")  très mauvais !
C'est une horreur ce slogan, cela signifie que notre projet, c'est de se positionner face aux propositions de la droite, comme si nous étions incapable d'en donner un nous même alors que l'on peut facilement s'appuyer sur les propositions de Ségolène Royal. Mais décidément, le PS n'est pas prêt à se rénover.
 
J'entends par ci par là, que ces législatives seront la Bérézina du PS, juste une mise au point historique, la Bérézina peut-être considéré comme une victoire tactique de Napoléon après le désastre stratégique de la campagne de Russie de 1812 car lors de cette célèbre bataill, l'Empereur parvint à sauver les quelques bribes structurées de son armée (20 000 à 30 000 hommes) en traversant le fleuve du même nom dans une désorganisation sans précédent et face à un ennemi 4 fois plus nombreux.
Donc si les législatives sont la Bérézina pour le PS, cela signifie que l'on sauve les meubles, malheureusement je crois qu'à la vue des réactions de nos dirigeants nationaux, la débâcle va se poursuivre et nous n'aurons même pas notre Bérézina ...
 

lundi, 14 mai 2007

Le non cumul de Mme Royal

medium_cumul-1.jpgSégolène Royal, comme elle l'avait annoncé à la veille de la campagne présidentielle, ne se représentera pas à la députation. Je l'en félicite, c'est la preuve que l'on peut faire de la politique avec des convictions et tenir sa parole quelque soit le résultat des autres scrutins.
De nombreux socialistes amis l'ont poussé, et la pousse encore, à ce présenter tout de même pour devenir le (la) chef de l'opposition à l'assemblée nationale. Mais les circonstances n'ont pas entamé sa parole, c'est rafraichissant et je comprends pourquoi cela surprend tant de monde qui ont pris l'habitude de ne pas respecter la parole donnée pour mieux assoir leur pouvoir. 
Cette position concernant le non cumul des mandats va dans le sens de l'évolution de la société. Non il ne faut plus pouvoir cumuler plusieurs mandats et fonctions, la réforme entreprise ces dernières années n'est pas allée assez loin en se montrant trop timide. Il faut selon moi n'avoir qu'un seul mandat, qui peut-être associé à une seule fonction, pas au delà, car cela décrédibilise totalement la fonction électorale.
J'irais même plus loin, pour moi il faut aussi limiter le cumul des mandats dans le temps (2 ou 3 par exemple). La politique ne doit pas être un métier, mais une mission, voire un don de sa personne pour l'intérêt commun et non pas assurer le pouvoir d'une seule personne sur plusieurs décennies. Je sais que je forme des voeux pieux, mais les français attendent cela pour gagner la crédibilité de la classe politique.
L'ambition personnel n'est pas occultée pour autant, il est tout à fait possible d'être responsable politique sans pour autant être pantin. Voyez le rôle attribué aux députés UDF rallié à l'UMP. Pour s'assurer de leur réélection dans leur circonscription, ils sont obligés de certifier qu'en aucun cas ils voteront contre le budget présenté par le gouvernement, qu'en aucun cas ils peuvent voter une motion de censure contre le gouvernement, bref ils n'ont que le droit de voter les yeux fermés n'importe quelles inepties du gouvernement Sarkozy/Fillon. Bel exemple de démocratie qui démontre les limites de la représentativité du territoire. A quoi servent les députés si seul le gouvernement décide pour tous faisant fi des éventuels critiques de son camps et n'écoutant pas l'opposition.
Sincèrement, quand je vois ça, il faut vraiment un renouvellement en profondeur de nos institutions et de notre représentativité. 
 
Enfin pour en revenir à Ségolène Royal, je ne crois pas que pour incarner le chef de l'opposition, il faut absolument obtenir un strapontin à l'assemblée nationale. L'opposition se fera contre la politique et les objectifs de la droite, et on sait très bien que la droite n'a pas la parole que sur les bancs de l'assemblée nationale. Ségolène Royal incarne le changement, bien plus que DSK qui souhaite uniquement se rapprocher du centre avec son fourre tout creux de social démocratie.
Ségolène Royal doit devenir la première secrétaire du PS, et là nous aurons un vrai chef d'opposition audible et qui sera notre candidate en 2012 !
 
J'y reviendrai dans une prochaine note, mais après avoir été étonné de la courageuse position de François Bayrou et la création de son mouvement démocrate, après avoir entendu le message clair de Sarkozy à propos d'une droite décomplexée (il a le mérite de la franchise de ses mots), je pense que les éléphants du PS qui croit que la porte de sortie est d'aller au centre se trompent. Même si l'ouverture est possible, envisageable avec le centre (le vrai celui de Bayrou, pas celui de De Robien), nous devons assumer à notre tour une gauche décomplexée, fier d'elle et vraiment à gauche, comme force de progrès !  
 
PS: A entendre et lire les articles concernant la lutte interne au PS, aucune leçon n'a encore été tiré de 2002, et nous courrons droit dans le mur pour ces législatives. Certains devront en tirer les conclusions pour éviter une implosion de la gauche pour 10 ans. On peut perdre cette élection, mais si on ne change pas notre façon de faire, nous perdrons tout pour 20 ans encore !

mercredi, 09 mai 2007

Résultats 2ème Tour - Coudekerque-Branche

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Inscrits : 16 515

Votants : 14 086 (85,29%)

Exprimés : 13 352 (94,79%)

Nicolas Sarkozy : 6 266 (46,93%)

Ségolène Royal : 7 086 (53,07%)

 

On remarque plusieurs choses. Tout d'abord, sur Coudekerque, le score est l'inverse exact de celui national (53% Royal, 47% Sarkozy). On constate aussi malgré une bonne participation, plus de 5% de bulletin nuls ou blancs, c'est assez pour être significatif. On peut estimer que l'appel du centre à ne pas voter Sarkozy, mais en faisant comprendre qu'il fallait voter blanc (ou Royal) a été suivi, bien plus que l'appel à l'abstention du FN qui n'a pas pris.

La situation est beaucoup plus difficile pour la 13ème circonscription, où Dunkerque enregistre un mauvais score. Téteghem conserve largement ces faveurs à la droite (près de 62%), Leffrinckoucke offre une très légère avance à la gauche (32 voix d'avance) et Coudekerque-Branche bien que donnant la victoire à la gauche, ne réalise pas un résultat assez important pour mettre à l'abri la circonscription. De plus pour Coudekerque-Branche sur les 13% de l'UDF et les 16% du FN se sont répartis au 2nd tour pour un tiers à gauche et deux tiers à droite.

Avec la défaite du PS et de Ségolène Royal, les conditions d'une vague rose sont plus que fortement compromises, au contraire il est à craindre une vague bleue sans précédent. Pour emporter la 13ème circonscription, une nouvelle fois Coudekerque-Branche sera la clé de la victoire, et il faudra compter sur les personnalités de Michel Delebarre et d'André Delattre pour arracher la députation et dépasser les clivages traditionnels qui nous sont aujourd'hui défavorables.

La France va bien !?

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Je me suis laissé quelques jours de réflexions avant de me lancer dans cette note, pour ne pas avoir des propos un peu trop sanguin et impulsif.
Bien sur je suis déçu des résultats, la défaite est manifeste et de grande ampleur. Je confirme que je n'ai aucun don de devin (voir l'un de mes articles précédents).
Je pensais que depuis 5 ans, les français avaient des difficultés de plus en plus nombreuses à joindre les deux bouts, je me suis trompé. Je pensais que les français étaient attachés à leur retraite, je me suis trompé. Je pensais que l'éducation des enfants était l'un des points prioritaire, je me suis trompé. Je pensais que la justice devait se renforcer, je me suis trompé. Je pensais que les français aspiraient à un monde moins pollué, je me suis trompé. Je pensais que les français avaient vu leur pouvoir d'achat s'effondrer, je me suis trompé.
On pourra accuser Ségolène Royal de tout les maux, de tout les tords. Moi je salue sa campagne, je la remercie de l'espoir sincère qu'elle a insufflé. On me dira qu'elle a fait des erreurs, qu'elle s'est montré parfois hésitante, quelques fois trop vindicative comme lors du débat, trop flou, ...
Elle n'est pas parfaite, et c'est pour ça qu'elle est humaine. Elle montre un visage humaniste, sans concession, complexe. Elle n'est pas Sarkozy qui croit tout savoir, et qui nous trompe toujours !
 
Cela fait 12 ans que je n'ai pas de président, Sarko comme son prédécesseur, n'est pas mon président. Il n'est pas le président de tout les français. Plus dure sera la chute en ceux qui naïvement lui ont fait confiance derrière un discours solide, mais vide.
 
Le pire est à venir, les législatives dans quelques semaines montreront surement une débacle comme rarement vu pour le PS (mais on connait mes talents de voyance donc il ne faut pas désespérer ...). Le PS, et la gauche a besoin d'un renouvellement, de nouvells têtes, partout ! Des Royal, Montebourg, Peillon, Dray à tous les niveaux par dizaine, par centaine pour effacer les errements des pachydermes comme Fabius, DSK et autres qui ont trop durablement marqué le PS dans l'opinion.

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